La transe du gourou 

 

 

                                                      Retour à l'accueil

 

 

 

 

Texte 1 : 

L’événement surgit juste après la distribution des pilules psychédéliques. L’assistance en extase biblique tend les bras vers Rita figée au centre du sanctuaire. Les prières fusent en des langues orientales inconnues. La transe gagne les plus fervents admirateurs puis quatre athlètes nus s’avancent et soulèvent délicatement la Rita rayonnante, au dessus de la foule recueillie qui vient sans le savoir de baptiser la nouvelle ébahissante déesse Mélodia. Un chant doux, sirupeux, mélodique, enfle dans la crypte et monte vers les voûtes basses, accompagné de harpes, de cymbales et de binious bretons. Une annonce suit:

- Selon le rite orthodoxe, les épousailles de la déesse Mélodia seront solennellement célébrées demain dimanche avec le Dieu tout puissant Yomaha, architecte de l’univers, dispensateur de félicité, grand maître de l’enfer du troisième niveau.

Arrighi u litiese.

 

 

 

Texte 2 :

Mélodius me convoque. Quelle engueulade! Suant la peur, il menace de me circoncire, de me couper les vivres en attendant de me couper le reste. Il prononce, par Yomaha l’excommunication de mon âme, damnée pour une éternité, vouée à l’enfer du troisième niveau, où les femelles offertes en continu et obligatoires sont d’une laideur peu banale. La panique m’empare. Je le quitte après lui avoir promis une protection rapprochée et sans reproche. Une pluie de dollars affermit ma détermination. Il fait quand même partie de ce monde secret et implacable, qui tue, pille, abuse, terrifie les gens de peu, qui tombent par imprudence dans la nasse.

Arrighi u litiese

 

 

 

Textes 3 :

Mélodius ne se doute de rien. Ces temps-ci, il se choute un peu plus fort, cafouille dans ses sermons plutôt filandreux, serpente les couloirs tel un somnambule téléguidé, confondant l’automne et le printemps. Hier, dans sa dernière homélie dominicale, il recommanda la sodomie délicate, l’auto pardon des péchés véniels, la transpiration des âmes, et, pour couronner ses audaces verbales, il s’offrit en holocauste aux diablotins persécuteurs, de l’enfer Yomahiste. Au cours du sacrifice, vécue sur l’autel blanc en marbre de Carrare, sa transe infernale, secoua si fort sa carcasse de vieux singe, qu’il manqua de justesse son départ à Ste Anne. Je suis donc, chez les fous. Je vais déjanter sous peu, et Rita, plus vaillante que toujours et plus amoureuse que jamais, m’entraîne malgré moi dans ce mysticisme tourbillonnaire. Oh! Dieux véritables où êtes-vous donc?…

Arrighi u litiese;

 

 

 

Texte 4 :